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Thomas Laird. Murals of Tibet. Art Edition No. 41–80 ‘Green Tara, Gyantse Kumbum (ca. 1420)’

Édition de 40 exemplaires
Tirage doré à 23,75 carats sur plâtre dans un cadre en bois dur fait main, 122 x 194 cm; Volume relié signé par le Dalaï-Lama, 50 x 70 cm, 498 pages, 6 pages dépliantes, avec un lutrin démontable conçu par Shigeru Ban et un volume explicatif illustré de 528 pages
US$ 42.000
Cette édition est épuisée. Il arrive cependant que des exemplaires soient à nouveau disponibles. Merci de vous inscrire sur notre liste d’attente pour que nous puissions vous signaler s'il est possible d'acquérir cette édition ou un article similaire.
Cette publication format SUMO dévoile les plus précieuses fresques bouddhistes tibétaines parvenues jusqu’à nous. Pour la première fois, ces chefs-d’œuvre stupéfiants et foisonnants sont reproduits grandeur nature, dans leurs couleurs éblouissantes. Signé par Sa Sainteté le 14e Dalaï-Lama, cet ouvrage est une révélation pour tous les spécialistes et amateurs de la culture tibétaine, du bouddhisme, du yoga, de la méditation et de la pleine conscience.

Cette Édition d’art comprend une reproduction à grande échelle d’une fresque représentant Tara verte, limitée à 40 exemplaires seulement. Imprimée sur plâtre et dorée à la main à l’or 23,75 carats, cette œuvre restitue tout l’éclat de l’original datant de plusieurs siècles. Le résultat donne une pièce d’une beauté époustouflante et permet une expérience immersive dans l’un de ces monuments inscrits au Patrimoine mondial et préservés dans notre SUMO.

Édition d’art (no 41 à 80) comprenant un tirage d’art de Green Tara, Gyantse Kumbum (v. 1420), doré à 23,75 carats et présenté dans un cadre en bois dur fait main. Chaque exemplaire de cette édition est signé par Sa Sainteté le 14e Dalaï-Lama et accompagné d’un lutrin conçu par Shigeru Ban.

Révélation sublime

Mille ans de fresques tibétaines, des chefs-d’œuvre révélés pour la première fois

Les vertigineux contreforts enneigés, les vallées profondément encastrées et les déserts arides du Tibet renferment certains des plus grands trésors de la culture bouddhique et de la tradition tibétaine. Pendant plus de 10 ans, le photographe Thomas Laird a sillonné le plateau tibétain de long en large, jusque dans ses recoins les plus secrets, pour immortaliser les spectaculaires fresques bouddhiques du territoire, dans toute leur ampleur et leur complexité, en témoignant aussi de l’enrichissement spirituel, émotionnel et psychologique qu’elles procurent.

Grâce à de nouvelles méthodes de photographie numérique à exposition multiple, Laird a recueilli les premières archives au monde de ces fresques, dont certaines larges de 10 mètres, à l’échelle. Cette publication époustouflante rassemble les clichés de Laird en très grand format, magnifiés par 6 pages dépliantes et imprimés en cinq couleurs dont l’or. Elle présente à la fois des fresques en intégralité et une profusion de détails, offrant ainsi au lecteur une vision unique de ces œuvres d’art aussi rares qu’extraordinaires.

Pour marquer leur inscription au Patrimoine mondial de l’humanité et leur importance pour la préservation de la culture tibétaine, Sa Sainteté le 14e Dalaï-Lama a signé les 998 exemplaires de cette Édition collector. Réunis dans un volume explicatif à part de 528 pages, les textes détaillés de l’écrivain et universitaire bouddhiste Robert Thurman aident le lecteur à comprendre ces fresques et leur importance artistique et spirituelle, et les légendes rédigées par les spécialistes Heather Stoddard et Jakob Winkler explorent et analysent les détails et le contexte de chaque image.

Cette Édition d’art comprend une reproduction à grande échelle, réalisée à la main, d’une fresque représentant Tara verte, un chef-d’œuvre du kumbum de Gyantsé peint par Gewa de Denchen au début du XVe siècle. Limitée à seulement 40 exemplaires, cette pièce restitue tout l’éclat de l’original datant de plusieurs siècles. Elle a été tirée sur du plâtre à l’aide d’imprimantes de pointe de très grandes dimensions et est présentée dans un cadre en bois dur fait main. Le résultat donne une œuvre immersive propice à la méditation et permet une expérience unique face aux monuments préservés dans notre SUMO.

Comme l’a exprimé Sa Sainteté le Dalaï-Lama lui-même, ces fresques ne sont pas que des objets de beauté, elles servent aussi de référence et de guide aux personnes pratiquant le bouddhisme, le yoga et la méditation, ainsi qu’à quiconque souhaite faire entrer la pleine conscience dans sa vie quotidienne. Alliance entre la technologie de la photographie contemporaine et les traditions millénaires, ce livre et œuvre d’art constitutent un document qui fera date dans la compréhension du bouddhisme, un précieux monument élevé à la culture tibétaine et une source essentielle pour les sciences et les arts contemplatifs.

Édition d’art au format SUMO (no 41 à 80) comprenant un tirage d’art sur plâtre de Green Tara, Gyantse Kumbum (v. 1420), doré à la feuille d’or 24 carats et présenté dans un cadre en bois dur fait main. Chaque exemplaire de cette édition est signé par Sa Sainteté le 14e Dalaï-Lama et accompagné d’un lutrin conçu par Shigeru Ban.

Également disponible en une seconde Édition d’art (no 1 à 40), comprenant une autre œuvre, et en une Édition collector (no 81 à 998)
À propos du photographe et auteur

Photographe et écrivain américain, Thomas C. Laird explore l’art, la culture et l’histoire de l’Himalaya depuis 1972. Installé au Népal depuis 30 ans, ses reportages et photographies ont été publiés dans le monde entier dans TIME, Geo, Newsweek, Le Figaro, National Geographic, entre autres. Il est notamment l’auteur d’une histoire du Tibet, écrite avec le Dalaï-Lama et traduite en 14 langues. En 2008, il est le premier au monde à avoir entrepris de réaliser des images à taille réelle des immenses fresques murales tibétaines. Des tirages d’art de ces clichés ont fait l’objet de nombreuses expositions et sont désormais conservés dans des collections publiques et privées.

À propos des co-auteurs

Robert A. F. Thurman est un auteur et chercheur américain, expert en bouddhisme tibétain. Après un doctorat obtenu à l’université de Harvard, il devient professeur Je Tsong Khapa d’études bouddhistes indo-tibétaines à l'université Columbia et le premier titulaire d’une chaire dans ce domaine aux États-Unis. Cofondateur et président de la Tibet House US, Thurman a été ordonné moine en 1965 par le 14e Dalaï Lama, aujourd’hui son ami proche. Il fut cité par le magazine TIME comme l’une des personnalités les plus influentes, et demeure un fervent défenseur du Tibet.

Heather Stoddard est professeur semi-retraitée de littérature, d’histoire et de langue tibétaine à l’INALCO, à Paris. Née en Angleterre, elle a étudié le chinois et le tibétain à la SOAS et à la Sorbonne, devenant ainsi l’un des premiers chercheurs à étudier les penseurs tibétains modernes. Elle est l’auteur de nombreux essais et ouvrages sur l’histoire du Tibet, dont Le Mendiant de l’Amdo, une biographie de référence du moine érudit Gendün Chöphel, et Tibet from Buddhism to Communism. Elle a abondamment écrit sur la littérature et l’art tibétains, et se rend chaque année depuis 30 ans sur le plateau tibétain. Elle vit aujourd’hui à Oxford, au Royaume-Uni.

Jakob Winkler est chercheur, traducteur, éditeur et enseignant dans le domaine de la tibétologie et du bouddhisme. Dès le milieu des années 1980, il étudie et pratique le bouddhisme auprès de différents maîtres, dont le maître du Dzogchen, Chögyal Namkhai Norbu, qui l’a autorisé à enseigner le dharma en 2002 comme formateur du Santi Maha Sangha. Considéré comme l’un des rares experts occidentaux du Dzogchen, il a apporté sa contribution aux recherches fondamentales pour comprendre le temple de Lukhang à Lhassa et fut le premier chercheur occidental à avoir identifié les textes trésors de Péma Lingpa comme source de ses fresques.

The designer of the bookstand

Né à Tokyo en 1957, Shigeru Ban s’est formé à l’université des Arts de Tokyo, puis à l’école d’architecture SCI-Arc, en Californie, et à la Cooper Union School of Architecture, à New York. Membre du «réseau des architectes volontaires», lauréat du prix Pritzker en 2014, Ban est célèbre pour son utilisation innovante des matériaux recyclés et son soutien à l’aide humanitaire à travers le monde. Il vit et travaille entre Tokyo, sa vie natale, et Paris.

Thomas Laird. Murals of Tibet. Art Edition No. 41–80 ‘Green Tara, Gyantse Kumbum (ca. 1420)’
Édition de 40 exemplaires
Tirage doré à 23,75 carats sur plâtre dans un cadre en bois dur fait main, 122 x 194 cm; Volume relié signé par le Dalaï-Lama, 50 x 70 cm, 498 pages, 6 pages dépliantes, avec un lutrin démontable conçu par Shigeru Ban et un volume explicatif illustré de 528 pages

Cliquez ici pour télécharger les instructions de montage du lutrin

1. Comment ce projet est-il né ?

Il faut remonter à 2010, quand Benedikt Taschen s’est trouvé, pour la première fois, devant un tirage large de 5 mètres des fresques photographiées par Thomas Laird, reproduites à taille réelle. S’émerveillant de la qualité et de l’ampleur de l’œuvre, il demande à son auteur: «Qu’est-ce que vous comptez en faire?
– À mon avis, répond Laird, si l’on veut en faire un livre, il faudrait que la première édition sorte en très grand format, celui de vos livres SUMO. J’ai toujours adoré le grand œuvre de John James Audubon, Les Oiseaux d’Amérique. S’il l’a publié dans la plus grande taille possible à l’époque, c’était pour ne perdre aucun détail de ces oiseaux qui le fascinaient tant. Comme le pigeon voyageur d’Audubon, la plupart des fresques que j’immortalise auront disparu dans quelques décennies. Je ne vous demande donc pas de faire un gros livre juste pour qu’il soit gros. Je pense que la puissance d’une œuvre d’une telle envergure ne peut être transmise que de cette façon.
– Certes, Thomas, réplique Benedikt, vous avez réalisé ces images magnifiques, et elles sont vraiment fantastiques! Mais vous me demandez l’impossible, comprenez- vous? Si vous voulez vraiment qu’on y arrive, répondez-moi: le Dalaï-Lama accepterait-il, étant donné l’importance de ce travail, de signer tous les exemplaires de la première édition SUMO?»
C’est ainsi que Thomas Laird s’envola pour l’Inde pour tenter d’expliquer à Sa Sainteté l’enjeu d’un tel ouvrage en grand format : préserver ce chapitre de l’histoire culturelle tibétaine à l’intention des générations futures. Sa Sainteté rétorqua:
«Oui, je comprends l’importance de votre travail: c’est du bon travail, un travail essentiel. Continuez. Mais pourquoi devrais-je signer tant de feuilles de papier?»
– Votre Sainteté, en signant, vous donnez votre bénédiction dans le sens traditionnel du terme. Vous ne l’avez jamais fait pour aucun livre. Quand vous prenez le temps de signer chaque page, chaque exemplaire se trouve chargé d’une nouvelle force, d’une nouvelle valeur. La plupart des fresques disparaîtront au cours des siècles à venir, elles sont anciennes et fragiles. Malgré tous les efforts déployés pour les conserver, beaucoup s’effaceront; certaines que j’ai prises en photo ont déjà disparu. Ce livre, lui, durera plusieurs générations.»
À cela le Dalaï-Lama répondit: « Oui, c’est un travail important. Je signerai des pages de ce travail.»


2. Pourquoi une donation a-t-elle était faite au Mind & Life Institute?

Sa Sainteté le Dalaï-Lama, en sa qualité de moine, ne possède rien à part quelques effets personnels, si bien qu’il a demandé à TASCHEN de soutenir financièrement le Mind & Life Institute. Son choix, son action, en disent plus que des mots.
La mission de l’institut Mind & Life est de «rapprocher la science, les pratiques contemplatives et les traditions de sagesse pour réduire la souffrance et promouvoir l’épanouissement». La fondation soutient les recherches portant sur la façon dont la méditation transforme le cerveau, la santé générale et le comportement humain. Selon certains résultats, les cerveaux d’adeptes réguliers réagissent différemment à divers stimuli, de manière mesurable. Ils semblent répondre plus calmement que ceux d’entre nous qui n’ont pas fait l’expérience de cet entraînement intense. Peut-être existe-t-il des stratégies que nous pourrions incorporer à notre quotidien et qui nous permettraient d’accueillir les défis de la vie avec moins de colère, plus de résilience et plus de compassion. Pour le Dalaï-Lama, ce cheminement est important pour l’humanité, notre survie et l’avenir de notre planète.
Ainsi, la boucle est bouclée. Pendant un millénaire, les Tibétains ont peint des fresques pour transmettre la conception et la pratique bouddhistes de la pleine conscience, de la compassion, de la sagesse et d’autres idéaux. Ces fresques ont inspiré bien des gens au fil du temps, mais toujours pour les réunir sur un chemin clair. Les humains se trouvent devant un choix fondamental. Permettrons-nous que la cupidité, la colère, l’ignorance, la convoitise et l’orgueil dictent nos actions? Ou choisirons-nous, en conscience, de mesurer nos mots et nos actes à l’aune d’une approche plus sage ? Que ces chefs-d’œuvre immémoriaux continuent de servir ces idéaux pendant très longtemps encore!


3. Comment est venue l’idée du lutrin et quelle est sa signification ?

Le lutrin pliable, conçu par l’architecte lauréat du prix Pritzker et pionnier de l’humanitaire Shigeru Ban, est une pièce créée sur mesure pour porter les 23 kilos du SUMO Murals of Tibet. Empruntant au papier, matériau signature de Ban, la structure combine des tubes en carton et un plateau réglable en bois. Associée au SUMO et à son volume explicatif, elle constitue une œuvre d’art unique. Le recours à des matériaux recyclés fait partie des stratégies innovantes déployées par Ban, qui est notamment célèbre pour avoir proposé des solutions pour l’hébergement d’urgence des victimes de catastrophes naturelles ou humaines. Il a ainsi conçu une cathédrale en carton à Christchurch, en Nouvelle Zélande, et le Paper Partition System, des cloisons en papier destinées aux réfugiés après le séisme de Fukushima. Il a également signé des meubles en papier très prisés des collectionneurs, comme ceux de sa collection « CARTA » de 1996 pour Cappellini. Le travail pionnier de Ban dans le domaine humanitaire et son traitement ingénieux de matériaux modestes faisaient de lui le partenaire idéal pour imaginer ce chef-d’œuvre, « un lutrin en papier qui », selon ses termes, « est en harmonie avec ces images d’art tibétain ».


4. Comment installe-t-on le lutrin créé par Shigeru Ban?

Veuillez consulter les instructions de montage illustrées qui accompagnent l’objet. Selon les directives de l’artiste, les pieds s’assemblent du fond vers l’avant, du plus large (arrière-droit) au plus petit (avant-gauche). Les barres de stabilisation peuvent être insérées par les deux côtés; assurez-vous cependant de toujours commencer par le haut. Dernière étape: déployez le plateau en bois et placez-le sur le socle. Avant de poser le livre ouvert sur le plateau, vérifiez sa stabilité.


5. Quelles sont les instructions d’entretien et de nettoyage?

Le livre contient six pages dépliantes. Pour les préserver, repliez-les avec soin avant de tourner la page suivante. Veuillez également garder à l’esprit que le livre est sensible aux ultraviolets. Si vous le laissez toujours ouvert à la même page, les couleurs finiront par pâlir légèrement. Il est conseillé d’enfiler les gants fournis lorsque vous manipulez le lutrin ou feuilletez le livre.
Les éléments en tissu et la toile du livre sont vulnérables aux accrocs et aux taches, il convient donc de les traiter avec soin. Les différentes pièces du lutrin, notamment les tubes en carton et le plateau en bois, sont fragiles et ne doivent être nettoyés qu’au chiffon sec. Le lutrin a été conçu pour ne porter que ce livre.


6. Quelle est la fonction du livre explicatif?

En ne présentant que les fresques, le SUMO propose une expérience immersive et laisse ces œuvres transcendantes parler d’elles-mêmes. En contrepoint, le livre explicatif tient lieu d’index visuel pour le SUMO. Sa maquette générale reprend celle du volume principal en y apportant des légendes détaillées et des textes contextuels qui éclairent le lecteur sur ce que ces œuvres représentent.


7. Comment Murals of Tibet est-il organisé?

Ce livre présente les plus anciennes fresques tibétaines de grande envergure qui soient parvenues jusqu’à nous. Elles nous emportent dans un voyage géographique qui part de Drathang et passe par les principaux sites monastiques du centre et de l’ouest du Tibet, au-delà des reliefs sacrés du mont Kailash, où ces fresques ont survécu. Le livre a donc été ordonné selon un parcours qu’auraient pu emprunter des pèlerins. Afin d’aider le lecteur à s’orienter, la date de fondation de chaque temple ou site religieux est indiquée, suivie le cas échéant de la date de restauration et de la date de création estimée de chaque fresque.


8. Par quels textes est-il complété?

Tout d’abord, dans un récit personnel, Thomas Laird revient sur le périple qu’il a effectué pour réunir ces archives visuelles. Puis Bob Thurman fournit un éclairage précieux sur la spiritualité en œuvre dans le bouddhisme tibétain. Les descriptions des sites et les légendes des fresques du livre ont été rédigées grâce aux recherches de Heather Stoddard, aidé de Cameron Bailey, sauf celles de Lukhang, sur lesquelles s’est penché Jakob Winkler.


9. Quelles conventions éditoriales ont été appliquées?

Les auteurs des textes inclus dans cet ouvrage ont chacun leur système de prédilection pour translittérer et romaniser le tibétain et le sanscrit. Il a cependant fallu unifier le contenu, par souci de lisibilité et de cohérence, si bien que nous avons choisi d’utiliser l’écriture phonétique simplifiée pour le tibétain et le système IAST pour le sanscrit.
Tout au long du livre, lorsque nous citons des lieux, des noms propres et reprenons la terminologie religieuse ou bouddhique, la convention est d’indiquer le nom sanscrit en premier, puisque tous ces concepts puisent leurs racines en Inde, puis le nom tibétain entre parenthèses à la première occurrence, suivi de leur équivalent anglais. Cette convention s’applique aussi à l’index, même s’il répertorie les noms tibétains.


10. Quelles sont les particularités de ces œuvres et de ces lieux?

L’art mural in situ du Tibet est considéré comme un enseignement spirituel direct et non comme une simple curiosité artistico-historique. Les fresques anciennes sont donc régulièrement restaurées pour assurer que le message que véhicule leur composition demeure visible des croyants. Les peintres veillent ainsi à ne retoucher que ce qui préexistait, pour ne pas risquer de corrompre l’intention originelle, quelle qu’elle ait été. La préservation de ces sites du patrimoine culturel, d’une importance unique dans la culture et l’histoire de l’art des bouddhistes tibétains, reste un défi, malgré les nombreux plans de sauvegarde lancés depuis les années 1990.
Au Tibet, les fresques couvrent souvent des murs entiers, mais il arrive qu’elles n’occupent qu’un modeste pan de mur dans une chapelle. Certaines parmi celles présentées dans ce livre sont donc des détails d’œuvres plus grandes, quand d’autres constituent d’immenses œuvres indépendantes. Les dimensions indiquées sont celles de l’œuvre ou du fragment d’œuvre reproduits; elles ne sont données qu’une fois pour chaque mur ou fresque, afin que le lecteur se fasse une idée de son envergure. Dans certains cas, en raison des particularités locales, ces mesures sont des approximations.


11. En quoi ces images constituent-elles une prouesse photographique sans précédent?

Par le passé, Thomas Laird a réalisé des images documentaires assez typiques de ce qui était publié jusque récemment pour faire connaître l’art tibétain au monde. À partir de 2009, la photographie à exposition multiple a permis la création des premières images grandeur nature des fresques, éclairées de façon uniforme. Avant l’ère numérique, la configuration étroite des lieux et les conditions de travail au Tibet n’avaient pas permis aux photographes d’immortaliser ces œuvres à taille réelle et avec un éclairage optimal.


12. Existe-t-il un sommaire détaillé des chapitres?

Monastère de Drathang (1081)
: les plus anciennes fresques du Tibet
La chapelle nichée derrière le temple principal date du XIe siècle. Le style des fresques témoigne de la richesse et de l’originalité des œuvres produites à Samyé aux alentours de 770 – mélange d’influences indienne, chinoise, khotanaise et kashmiri – dont il ne subsiste presque rien au Tibet. On y trouve certaines des plus belles représentations de bodhisattvas du style pala indien que compte encore le Tibet moderne. La dynastie pala a régné au nord-est de l’Inde entre le VIIIe et le XIIe siècle et exercé une importante influence sur le développement de l’art bouddhique.

Monastère de Gongkar Chöde (1464): les chefs-d’œuvre de Khyentse Chenmo
Ce site illustre bien la période de prospérité qui a précédé l’ascension de l’école gelug, dite «des bonnets jaunes». Certains moines de Gongkar Chöde conservent aujourd’hui leur rôle séculaire parmi les gardiens du temple Jokhang de Lhassa. Les fresques qui se trouvent encore aux premier et deuxième étages du temple principal de Gongkar sont des exemples exceptionnels du style khyenri, peintes par l’un des plus grands artistes tibétains, Khyentse Chenmo, ami proche du fondateur du monastère.

Jokhang (vers 633): le premier temple bouddhique au Tibet et un lieu majeur de pèlerinage
Renferme un Jowo, statue sacrée du seigneur Bouddha, la première image de Bouddha apportée au Tibet, auquel tout bouddhiste doit consacrer un pèlerinage au cours de sa vie. La statue est drapée de bandes de soie couleur or, au point que les pèlerins peinent à voir davantage que son visage, mais selon la tradition et les textes, elle représenterait Siddhartha Gautama en jeune prince, à l’âge de 12 ans. Le Zhelre Lhakhang contient des peintures des Xe et XIe siècles ainsi que des encadrements de portes sculptées en genévrier du VIIe siècle.

Monastère de Shalu (1040): les seuls chefs-d’œuvre subsistant de l’ère Newar
Shalu est devenu l’un des centres d’enseignements les plus célèbres du Tibet sous les auspices du génie universel Buton Rinchen Drub (1290-1364), et abrite aujourd’hui l’un des trésors les plus riches du Tibet en matière de fresques. Un grand nombre de ces œuvres, particulièrement celles du khorlam qui court autour de la chapelle, sont des exemples uniques de l’école artistique fondée par Arniko (1245-1306), un brillant jeune artiste newar de Katmandou qui fut invité à Pékin en 1263 pour rencontrer Kubilaï Khan.

Temple de Lukhang (vers 1700): La «chapelle Sixtine» du Dalaï-Lama
Le temple de Lukhang se dresse sur une île posée dans un bassin à l’arrière du palais du Potala. Ses fresques sont d’une importance cruciale puisqu’elles ont été commandées par les dirigeants gelug du Tibet pour illustrer les pratiques spirituelles associées à la tradition du bouddhisme nyingma, et qu’elles ont été réalisées par les plus grands artistes du Tibet. Au cœur du temple se trouve un triptyque de fresques montrant certaines techniques de yoga et de méditation les plus avancées. Nombre des pratiques et idées exposées ici n’ont été représentées dans aucune autre fresque tibétaine.

Monastère de Jonang Puntsoling (1619): les chefs-d’œuvre de Taranatha
Fondé par Taranatha, le plus éminent érudit de l’ordre controversé des Jonang et un personnage majeur du Tibet au début du XVIIe siècle. Les fresques subsistantes de Puntsoling reflètent sa vision unique. Le site, magnifique, est posé à cheval sur une crête de roche blanche qui surplombe le vaste fleuve Raga Tsangpo, depuis laquelle on distingue l’un des plus beaux ponts suspendus en fer érigés par le yogi Thangtong Gyalpo, ainsi que les ruines de la plus ancienne bibliothèque du Tibet, Denkar, perchée sur un sommet rocheux voisin.

Monastère de Samyé (vers 779): le premier monastère bouddhique du Tibet
Bâti pour accueillir un centre d’enseignement et de traduction des textes bouddhiques. Une stèle de pierre déclarant le bouddhisme religion d’État au Tibet a été dressée pendant la construction du monastère, qui est toujours visible aujourd’hui devant le temple principal. Samyé a été conçu comme un cosmogramme, un mandala de l’univers bouddhique dont le noyau, le «Temple du pic central», symbolise la montagne du monde, et son axe. Le temple abrite aussi la «Porte des âmes», par laquelle les Tibétains croient devoir passer pour pénétrer dans la vie d’après.

Kumbum de Gyantse & Palkor Chöde (1427/1370): Patrimoine mondial de l’UNESCO
Le majestueux monastère de Gyantse Palkor Chöde, avec son grand stupa de Kumbum, est l’un des sites religieux les mieux préservés du Tibet. Le mandala des Bouddhas des Cinq Familles est un concept central du bouddhisme mahayana tibétain. Il figure pleinement dans l’iconographie du Kumbum, également appelé «Grand Stupa aux maintes portes et cent mille images dont la vue libère», puisque le bâtiment lui-même est un mandala en trois dimensions, un cosmogramme idéal, un guide pour le pratiquant sur son chemin vers l’éveil spirituel.

Palais du Potala (1645): Murals of Tibet ne montre que les fresques de la porte Est
Le palais originel a été bâti vers 633 comme siège de l’Empire tibétain. Il a été remanié et agrandi jusqu’à ses imposantes dimensions actuelles en 1645, après être devenu la capitale officielle du 5e Dalaï-Lama et de son nouveau gouvernement du Ganden Phodrang, installé auparavant au monastère de Drepung. Le Palais blanc était la résidence du Dalaï-Lama et le siège du gouvernement, tandis que le Palais rouge était destiné à accueillir les stupas funéraires du 5e Dalaï-Lama et de sa lignée.

Monastère de Sakya (1073): un vaste temple principal aux 40 colonnes
Parce que Sakya est proche du subcontinent indien, à mi-chemin entre Lhassa et le voisin le plus proche du Tibet, le Népal, il est resté ouvert aux influences extérieures, en particulier du Népal. C’est ainsi que les peintures et sculptures de Sakya – dans ce monastère et dans les traditions bouddhiques tibétaines promues par les Sakyapa en Mongolie – sont profondément inspirés par le style newar de Baltri, qui est aussi l’une des traditions étrangères les plus précoces et pérennes de l’art bouddhique avec lesquelles le monde tibétain est entré en contact.

Monastères de Drepung & Nechung (1461/XVIIe siècle): siège de l’Oracle d’État et ancien palais du Dalaï-Lama
Drepung est devenu le plus grand monastère tibétain. Siège du Ganden Phodrang (ou gouvernement) sous le Second Dalaï-Lama, il était divisé en sept collèges avec des vastes ressources documentaires et une clinique médicale renommée. Nechung, le petit temple qui le jouxte, accueille l’Oracle d’État officiel du Tibet, un moine spécialement désigné pour être le «médiateur» humain d’une déité qui prend possession de son corps lorsqu’il entre en transe; les mots qu’il prononce alors sont méticuleusement notés par les moines scribes, puis interprétés.

Tsaparang et Toling (Xe siècle): capitale du royaume de Gugé
Le royaume de Gugé s’est étendu au nord-ouest de la chaîne himalayenne, englobant dans son territoire les actuelles provinces du Ladakh et du Purang, ainsi que les contreforts désertiques du mont Kailash, l’axis mundi révéré jusqu’à aujourd’hui par les millions de fidèles de quatre religions asiatiques: le bouddhisme, l’hindouisme, le jaïnisme et l’ancien culte tibétain Bon. De superbes fresques du XVe siècle y ont survécu, et les inscriptions qui y figurent suggèrent que des Tibétains ont été formés au sein des ateliers du temple avec des maîtres artisans du Cachemire.
Thomas Laird. Murals of Tibet. Art Edition No. 41–80 ‘Green Tara, Gyantse Kumbum (ca. 1420)’ (Limited Edition)
Thomas Laird.
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Art Edition No. 41–80 ‘Green Tara, Gyantse Kumbum (ca. 1420)’
Édition de 40 exemplaires
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